Nouvelle autorité UE de lutte contre le blanchiment d’argent : quel impact pour le secteur des jeux d’argent ?
Les jeux et les crypto-monnaies dans le viseur, interdiction UK de sponsors offshore, fiscalité UE &Co
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Nouvelle Autorité européenne contre le blanchiment d’argent : quel impact pour les jeux ?
Royaume-Uni : interdiction des sponsors offshore en vue
Une proposition de taxe UE sur les jeux suscite la colère du secteur
Résultats : Super Group, Gentoo Media, Light&Wonder, GIG
Brèves : Stake.dk, ANJ-marchés de prédiction, Allwyn
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Le nouveau régulateur anti-blanchiment d’argent de l’UE met l’industrie du jeu sur alerte
La nouvelle Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA) harmonisera les règles à l’échelle continentale
Nouvellement créée : l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA) est le tout dernier organisme de régulation de l’Union européenne. Créée en 2024 et entrée en fonction en juillet 2025, son objectif est d’harmoniser les différentes réglementations nationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent en un ensemble de règles cohérentes, de lutter plus efficacement contre la criminalité financière et de surveiller directement les entreprises les plus à risque dans l’UE. Début 2026, l’AMLA a publié ses premiers documents officiels : elle y décrit la voie à suivre pour devenir pleinement opérationnelle d’ici 2028 et a publié trois consultations auxquelles l’industrie des jeux d’argent en ligne est invitée à prêter une attention particulière.
Le nouveau ‘super-régulateur’ dispose de pouvoirs étendus pour réécrire les règles financières et sanctionner ceux qui ne les respectent pas. Il supervisera l’ensemble de l’UE et contrôlera directement 40 entreprises présentant les risques les plus élevés en matière de blanchiment d’argent. Cette liste est encore en cours d’élaboration, mais elle devrait inclure des banques, des plateformes d’échange de crypto-monnaies et des entreprises de fintech.
Quelle est la place du jeu ? Les sociétés de jeux européennes ont souvent exprimé leur souhait d’harmonisation réglementaire au niveau de l’UE. La création d’une entité au niveau du bloc qui centralise la surveillance de la lutte contre le blanchiment d’argent devrait donc être bien accueillie par les dirigeants du secteur. Cependant, l’AMLA en étant encore à ses débuts, certains partisans de l’harmonisation ont déclaré à Gaming&Co qu’il était “trop tôt pour se prononcer sur la nouvelle autorité de surveillance”.
Tirer les leçons du passé : historiquement, l’UE ne considère pas les jeux d’argent en ligne comme un domaine à haut risque en matière de blanchiment d’argent, même si cela n’exempte le secteur de se conformer à un grand nombre de règles anti-blanchiment. Les casinos terrestres, quant à eux, ont toujours été considérés comme un domaine à haut risque de blanchiment et sont soumis à une surveillance plus stricte.
Cette perspective reste inchangée depuis la création de l’AMLA. Dans une interview publiée sur son site, la présidente de l’autorité, Braun Szego, a cité “les casinos” dans sa liste des secteurs non-financiers surveillés par l’autorité, mais n’a fait aucune mention des jeux en ligne.
Malgré cela, la Malta Gaming Authority (MGA) a conseillé au secteur de revoir dès maintenant ses évaluations de risques, ses dispositifs de gouvernance et ses contrôles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Malte a passé un an sur la liste grise de la Financial Action Task Force (FATF) en 2022 et souhait rester dans les bonnes grâces des organismes internationaux de surveillance de la lutte contre le blanchiment d’argent.
Coupable par association : les experts estiment toutefois que plusieurs secteurs clés étroitement liés aux jeux d’argent seront soumis à une réglementation très stricte de la part du nouvel organisme. Parmi eux on trouve les sociétés de paiement, qui jouent un rôle essentiel dans l’écosystème des jeux en ligne, et dont plusieurs pourraient figurer parmi les 40 entreprises que l’AMLA choisira de réglementer directement.
Veille crypto : il existe également une volonté claire de surveiller de près l’utilisation des crypto-monnaies au sein de l’UE. L’autorité rendra ses décisions concernant les entreprises qui auront ‘la chance’ de figurer dans le top 40 au cours du second semestre 2027.
Premier jet
Début février, l’AMLA a publié son Single Programming Document, marquant le début d’une année qu’elle a qualifié comme “décisive” pour la lutte contre le blanchiment d’argent en Europe. Le document décrit aussi la manière dont l’AMLA compte mener à bien un de ses projets clés : la compilation d’un règlement unique de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, qui établira des règles communes à l’échelle du bloc.
Mais ce n’est pas tout : l’organisme de surveillance a également lancé ses toutes premières consultations. Un trio de mesures proposées comprend la définition des règles selon lesquelles il déterminera ses mesures d’application. Pour les sociétés de jeux d’argent, les amendes maximales autorisées seraient soit de €1m, soit le double si les sommes ont été gagnées par des moyens illicites, le montant le plus élevé étant retenu. Les deux autres consultations portent sur les détails techniques des nouvelles règles essentielles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, notamment la manière dont les entreprises doivent vérifier l’identité de leurs clients.
Siège social des jeux d’argent en ligne : en tant que plaque tournante des opérations de jeux en ligne dans l’UE, les relations entre Malte et l’AMLA sont particulièrement préoccupantes pour le secteur. Bruxelles et Malte ont connu des relations tumultueuses ces dernières années, la Commission européenne ayant récemment exigé que le pays abandonne sa mesure controversée de projet de loi 55, visant à bloquer les demandes de remboursement des joueurs et d’ignorer les décisions d’États membres.
Un porte-parole de la Malta Gaming Authority (MGA) a déclaré à G&Co qu’elle “saluait” la création de l’AMLA et sa mission visant à remédier à la fragmentation de la supervision en matière de lutte contre le blanchiment d’argent en Europe. “Dans le même temps, il est essentiel que toute approche réglementaire soit fondée sur les risques et proportionnée, et qu’elle reflète de manière adéquate les réalités opérationnelles des secteurs non financiers tels que les jeux d’argent,” a ajouté la MGA.
Impliquez-vous : le secteur des jeux d’argent est encouragé à participer aux trois consultations organisées par la nouvelle autorité afin de contribuer à l’élaboration de la future politique en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. “Les titulaires de licences de jeux d’argent doivent considérer la période à venir comme une phase de transition importante,” a déclaré le porte-parole de la MGA.
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Le gouvernement britannique va interdire le sponsoring par les opérateurs ‘offshore’
Les opérateurs non-agréés peuvent sponsoriser sans être licenciés dans le pays
Et ne revenez pas : le gouvernement britannique prévoit d’interdire aux sociétés de jeux d’argent non-agréées au Royaume-Uni de sponsoriser des clubs sportifs, dans le but de protéger les consommateurs britanniques contre les opérateurs qui n’ont pas de licence. Dans le cadre d’un projet de consultation, le ministère de la Culture, des Médias et des Sports (DCMS) a déclaré qu’il serait désormais illégal pour toute société de jeux d’argent de sponsoriser un club sans posséder au préalable une licence britannique de jeux d’argent.
Finie la combine : actuellement, il n’est pas illégal pour ces opérateurs, qui sont agréés sur l’Île de Man et ciblent les marchés asiatiques, de sponsoriser le devant des maillots de clubs sportifs britanniques, dont près de la moitié de ceux des clubs de Premier League. Si les clubs de PL se sont mis d’accord pour renoncer à la sponsorisation du devant de ces maillots à partir de la saison prochaine, celle-ci sera encore possible sur les manches des maillots, ainsi que pour les clubs de divisions inférieures et dans d’autres sports.
En réalité... : la mesure est présentée par le gouvernement comme un moyen de protéger les consommateurs britanniques, mais pour les opérateurs en question le véritable intérêt de ces accords réside dans la promotion internationale dont ils bénéficient via les retransmissions TV en Asie.
Portée internationale : Le sujet est pertinent dans d’autres marchés, bien que de manière différente. Par exemple, les grands clubs de football français ou espagnols signent souvent des international betting partnerships avec des opérateurs qui ne sont pas agréés dans leur pays, ce qui confère à ces derniers une crédibilité, une visibilité et la possibilité de tirer parti d’importants actifs médiatiques et sportifs. Cela est particulièrement vrai pour la Premier League, qui touche un peu plus de 3 milliards de personnes dans le monde.
Soutien du BGC : l’annonce a été saluée par le Betting and Gaming Council, qui représente les plus grands opérateurs agréés du marché britannique. Un porte-parole a déclaré qu’il était important de mettre fin au marché noir “à un moment où le secteur régulé est confronté à une fiscalité nettement plus élevée et à une réglementation toujours plus stricte, tout en réduisant ses dépenses publicitaires.”
La proposition d’une taxe européenne sur les jeux suscite la colère du secteur
L’EGBA estime que les propositions sont “impossibles”
J’ai une idée : la European Gaming and Betting Association a réagi avec effroi aux propositions du vice-président du Parlement européen, Victor Negrescu, visant à créer une nouvelle taxe européenne sur les jeux d’argent en ligne. Selon le responsable européen, “une part importante des bénéfices [de l’industrie des jeux d’argent] échappe à une taxation équitable” et un nouvel impôt générer jusqu’à €4Md par an pour le budget de l’UE. M. Negrescu est toutefois resté vague sur les détails de sa proposition et n’a pas encore soumis de projet de loi au Parlement.
Mauvaise décision : l’EGBA a qualifié l’idée de “fondamentalement impossible” et que l’absence d’harmonisation de règles relatives aux jeux d’argent au sein de l’Union rendrait sa mise en œuvre impossible. L’EGBA a également qualifié l’idée de potentiellement bénéfique pour le marché noir, qui échapperait à la taxe tout comme il échappe à toutes les taxes nationales.
“Imposer une taxe européenne en plus des taxes nationales existantes ne ferait qu’aggraver la situation : cela favoriserait le développement du marché noir, nuirait à la protection des consommateurs européens et entraînerait finalement une baisse des recettes fiscales pour les États membres,” a déclaré Maartin Haijer, SG de l’EGBA.
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Résultats : Super Group, Gentoo Media, Light&Wonder, GIG
Le CEO de Super Group, Neal Menashe, a qualifié 2025 d’ “année exceptionnelle” après que la maison mère de Betway et Spin ait enregistré une hausse de 8% de son CA lors du T4 à $578.3m grâce à sa croissance en Europe, en Afrique et en Ontario, au Canada. Le bénéfice avant impôts a baissé de $8m pour s’établir à $95m, mais l’EBITDA ajusté a augmenté de 10% à $139m.
Un lancement réussi au Botswana et des volumes importants au Royaume-Uni ont mené à une hausse de 22% du CA 2025, qui s’est élevé à $2.2Md, compensant ainsi le recul enregistré en Amérique latine et en Asie-Pacifique, a déclaré le groupe. Son bénéfice avant impôts a bondi de 75% pour atteindre $356m et son EBITDA ajusté a augmenté de 57% pour atteindre $560m. Pour 2026, le groupe a déclaré que son CA “supérieur à $2.55Md” et que son EBITDA ajusté serait “supérieur à $680m”.
Gentoo Media a déclaré que ses revenus T4 avaient souffert d’une “baisse des marges sportives et d’une hausse saisonnière de décembre plus modérée” que d’habitude, ce qui a entraîné une baisse de 16% de ses revenus à €25.6m, bien que les performances sous-jacentes aient été solides avec des “niveaux record” de dépôts de plus de €200m. L’EBITDA avant éléments exceptionnels a atteint €15. La société a maintenu ses prévisions pour 2026, avec un CA qui devrait atteindre €105-€115m et un EBITDA avant éléments exceptionnels de €49-€54m.
L’intégration de Grover Gaming, les investissements dans ses studios de jeux et une bonne dynamique iGaming ainsi qu’aux États-Unis ont permis à Light&Wonder d’enregistrer une hausse de 12% de son CA T4 à $891m et un EBITDA ajusté à +29% à $405m. Cependant, le groupe a également enregistré une perte nette de £15m en raison de frais juridiques de £128m à son litige avec Aristocrat, d’un ajustement de la juste valeur des fusions-acquisitions de $25m et de coûts de transition vers l’Australian Securities Exchange de $18m.
Six lancements de nouveaux clients et des réductions de coûts ont permis à Gaming Innovation Group d’enregistrer une hausse de 8% de son CA lors du T4 à €9.5m et un EBITDA ajusté de €1.5, tandis que ses pertes d'exploitation ont presque diminué de moitié, à €3.6m pour le trimestre. En 2025 son CA a augmenté de 18% et atteint €37.6m et l'EBITDA ajusté s'est élevé à €4.3m contre des pertes de €3m en 2024.
The Conexus Group se consacre à la croissance et à la réussite de l’industrie mondiale des jeux en ligne, notamment en aidant les casinos terrestres à passer à l’ère digitale. Nos marques principales - Pentasia, Partis, iGaming Academy et Incline - proposent des solutions spécialisées en matière de capital humain, de conseil en fusions et acquisitions, de conseil stratégique, de formation et de ‘managed services’.
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Brèves
Le géant du crypto-gambling Stake est désormais live au Danemark après avoir obtenu une licence locale d’une durée de cinq ans, environ 12 mois après que sa maison mère Easygo ait racheté Mocino Play, qui exploite la marque danoise VinderCasino. Stake a récemment obtenu plusieurs licences sur des marchés réglementés comme la Colombie, le Pérou, le Brésil et l’Italie et s’est lancé dans ces deux derniers pays.
Peter Eugen Clausen, DG de Stake.dk, a déclaré que la marque allait “placer la barre plus haut en termes de produits, de transparence et de divertissement, et je pense que la concurrence accrue de marques telles que Stake ne fera que stimuler le marché de manière positive”, tandis que Brais Pena, DS chez Easygo, a déclaré qu’avec “chaque nouveau marché, notre élan continue de s’amplifier à mesure que nous mettons en œuvre notre stratégie d’expansion mondiale”.
Stake a réalisé $170m de bénéfices nets en 2025, mais a été critiqué en France pour le contenu diffusé sur sa plateforme Kick.
Les marchés prédictifs sont interdits et considérés comme illégaux en France, mais l’Autorité Nationale des Jeux a mis en garde les consommateurs vis-à vis de sites similaires à Polymarket ou Kalshi, car ceux-ci présentent des “caractéristiques addictives similaires à celles constatées pour les jeux d’argent en ligne, mais amplifiées du fait de l’absence des mécanismes de protection existant sur le marché légal des jeux d’argent”.
Les deux leaders du marché ont géobloqué l’accès à leurs sites aux consommateurs français, mais l’ANJ a déclaré que la nature hybride et l’essor rapide des marchés de prédictions au cours des deux dernières années exige que le grand public fasse preuve de vigilance afin de ne pas s’exposer au produit.
L’ANJ a déclaré que l’Allemagne, la Belgique, la Roumanie, la Suisse, les Pays-Bas, la Pologne, la Grèce, Chypre, l’Ukraine et le Portugal ont bloqué l’accès à Polymarket, arguant que la plateforme propose des jeux d’argent non-autorisés.
Allwyn a finalisé l’émission de €550m d’obligations senior garanties, qui serviront principalement à rembourser les actionnaires d’OPAP à la suite de la fusion des deux sociétés et d’autres dettes.
Calendrier
Résultats : 26 fév : Flutter, Cirsa, Codere Online 2 mars : Lottomatica, 5 mars : Banijay Group
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